Le retrait bancaire

Tout le monde le connaît puisque le retrait bancaire est pratiquement le seul moyen, en tout cas le plus simple et le plus utilisé, pour se procurer des billets de banque. En 2013, en France, nous avons effectué 1,53 milliard de retraits, pour un panier moyen de 80 euros !

Cet article a pour objectif de vous fournir quelques éléments de réponse sur le fonctionnement d’un retrait, côté envers du décor.

Rendez-vous devant un automate bancaire puisque c’est là que tout se joue !

Petit rappel sur les automates bancaires

Pour faire simple, un automate bancaire est un PC tournant sous Microsoft Windows (XP pour l’écrasante majorité d’entre eux) avec des périphériques un peu particulier : un clavier sécurisé, des « cassettes » (boîtes contenant les billets), des imprimantes à ticket, etc. Il appartient à une banque. En France, le marché est partagé entre 3 constructeurs : Wincor-Nixdorf (Allemagne), NCR (États-Unis) et Diebold (États-Unis), chose que vous pourrez vérifier dès votre prochain retrait ; la marque devrait être indiquée non loin de l’écran… comme sur une télé.

Suivant les pays ou régions, il est aussi appelé GAB, DAB, ATM, Cash Machine, Bancomat, etc.

Ecosysteme de l'Automate Bancaire

Le déroulement du retrait – côté Porteur

La cinématique est, à peu de chose près, la même quelle que soit la banque acquéreur (propriétaire du GAB).

Avant d’introduire notre carte, des images défilent sur l’écran du type « insérer votre carte », « liste des réseaux acceptés » (CB, Visa, MasterCard, AMEX, JCB, CUP, etc.), « attention aux fraudes » et un peu de publicité (par exemple, liée au Tour de France pour le LCL ou pour présenter un nouveau produit).

Le porteur insère sa carte, saisit son code PIN, le valide et choisit le montant souhaité. Il patiente quelques instants, puis indique s’il souhaite un ticket ou non. Enfin, il récupère sa carte, ses billets et éventuellement son ticket.

L’opération sera inscrite sur son compte bancaire lorsque la banque émetteur aura pris connaissance de l’opération envoyée par l’acquéreur (compensation). Fin de l’histoire pour le porteur.

A noter qu’une variante existe où la saisie du code PIN s’effectue après le choix du montant et non plus avant, ce qui ne change pas grand chose (paramétrage effectué par la banque).

Le déroulement du retrait – côté DAB

Suite à l’insertion de la carte, l’automate bancaire effectue les premiers contrôles pour déterminer la conformité de celle-ci et notamment, vérifier le sens d’insertion de la carte, la présence de la piste (obligatoire) et différents éléments de sécurité. Il détermine ensuite le profil du porteur et lui propose les services auxquels il est éligible (ici seul le retrait nous intéresse).

Après sélection du choix du montant par le porteur (saisie libre ou choix dans la grille des montants), une demande d’autorisation est systématiquement générée et envoyée, quel que soit le montant, contrairement au paiement de proximité chez un commerçant où des règles spécifiques sont appliquées (cf. notre article ici).

Après réception de la réponse, l’automate agit en conséquence (accord ou refus) en délivrant les billets au porteur ou en lui signifiant que la transaction ne peut aboutir pour tel ou tel motif (exemple : « Votre carte est périmée. »).

Pendant la préparation de la liasse de billets, l’automate propose au porteur d’imprimer un ticket de retrait.

A noter que si le porteur ne prend pas ses billets, ils sont avalés automatiquement par l’automate au bout de 30 secondes. L’automate informera alors les banques concernées du retrait douteux (terme employé), une demande de redressement sera émise afin de redresser les plafonds et l’argent restera sur le compte du porteur.

Le déroulement du retrait – côté Banque Acquéreur (celle du DAB)

En temps réel, la banque acquéreur constitue et fait transiter via un réseau privé (X25 ou IP (ce n’est pas internet…)) une demande d’autorisation vers la banque du porteur contenant entre autres le type d’opération (ici un retrait), le montant, le numéro de la carte et des éléments de sécurité.

La banque acquéreur transmet à l’automate la réponse fournie par la banque émetteur.

A noter que tous les DAB/GAB sont gérés par un Gestionnaire de GAB, appelé GDG, propre à chaque banque. C’est à lui que revient les étapes cruciales suivantes :

  • l’acceptation, qui consiste en la récupération du profil du porteur et la proposition des services auxquels il est éligible tels que le retrait, le dépôt, la remise de chèques, la consultation de son solde et de l’historique de son compte, l’impression du RIB et autres services, appelés « services LSB » pour Libre Service Bancaire.
  • le routage, qui permet d’envoyer l’information vers le bon destinataire en fonction du type de message et du profil Porteur (identification du destinataire de la demande d’autorisation et du chemin ou route sur lequel envoyer ce message).

Quelques heures après la transaction, elle réclame une compensation à hauteur du montant du retrait additionné d’une commission interbancaire de retrait (CIR) moins la Commission d’apport Service Carte (commission CSC).

En effet, la banque acquéreur étant la banque propriétaire de l’automate bancaire, c’est donc celle qui distribue les billets au porteur. Elle doit donc se faire « rembourser » par la banque du porteur pour le service rendu : distribution des fonds, avance de trésorerie, frais de fonctionnement de l’automate.

Le déroulement du retrait – côté Banque Émetteur (celle du porteur)

En temps réel, la banque émetteur est sollicitée, par la banque acquéreur, pour répondre à la demande d’autorisation émise par l’automate. L’organe chargé d’y répondre est le Serveur d’Autorisation Émetteur (SAE), qui en fonction de différents éléments (solde du compte, montant de l’opération, type d’opération, origine de la transaction, plafonds, encours, opposition carte, type de carte, etc.), va constituer puis émettre une réponse (positive ou négative) à destination de la banque acquéreur.

Exemple : si votre carte a été déclarée comme volée ou perdue, votre banque va systématiquement le signaler à l’automate (via sa banque) qui refusera la transaction et capturera votre carte.

Pour plus d’informations sur le sujet, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil à notre article sur l’autorisation.

Quelques heures après la transaction, la banque émetteur reçoit une demande de compensation (incluant la CIR) ; elle effectue plusieurs vérifications (rapprochement avec la demande d’autorisation, etc.), puis procède à l’écriture comptable sur le compte du porteur ayant effectué le retrait et rembourse la banque acquéreur.

A noter que la commission CIR peut être répercutée sur le compte du porteur, selon son contrat et les conditions générales de la banque.

Schéma des échanges en cas de retrait

Les différents types de retrait :

  • Retrait minute/one-shot/mur d’argent : le porteur effectue un retrait avec une carte spécifique, fournie par sa banque et à usage unique (carte capturée à l’issue du retrait). Ce type de retrait a été instauré pour éviter que les guichetiers manipulent de l’argent liquide. En lieu et place, ils fournissent une carte minute permettant le retrait de la somme désirée dans le DAB le plus proche. Ce qui ne permet pas d’éviter tous les braquages… Ex : http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/la-nouvelle-technique-des-braqueurs-06-02-2012-1847551.php
  • Retrait interne : le porteur effectue un retrait sur un DAB de sa propre banque, ce qui est évidemment le type de retrait le plus rapide et celui qui ne génère pas de commissions (ni pour le porteur, ni pour la banque)
  • Retrait déplacé : littéralement, le porteur effectue un retrait sur un DAB n’appartenant pas à sa banque, on dit qu’il se « déplace » vers un autre réseau. En pratique, certaines banques (cas pour des banques mutualistes du type Crédit Agricole) utilisent cette terminologie pour qualifier les retraits effectués au sein de leur groupe, au sens large, mais sur un DAB d’une autre Caisse.
    La définition officielle fournie par le GIE CB est la suivante : « les retraits déplacés pour un établissement donné sont les retraits effectués par ses porteurs de cartes CB sur les DAB CB des établissements n’appartenant pas au même groupe CIR que lui. »
  • Retrait national : le porteur effectue un retrait sur un DAB présent sur son territoire national
  • Retrait domestique : dénomination floue car initialement terme identique au « retrait national » mais depuis l’instauration de la zone SEPA, un retrait domestique peut signifier un retrait sur un DAB présent au sein de cette zone
  • Retrait étranger/international : le porteur effectue un retrait sur un DAB en dehors des zones géographiques précédentes
  • Retrait servi : défini du point de vue de la banque acquéreur, il s’agit d’un retrait CB national effectué sur l’un de ses DAB par un porteur d’une autre banque (exclusion faite des retraits internes et des retraits effectués avec des cartes non CB). La définition officielle fournie par le GIE CB est la suivante : « les retraits servis par un établissement donné sont les retraits effectués sur ses DAB CB par tous les porteurs de cartes CB des établissements n’appartenant pas au même groupe CIR que lui.« 

Bientôt la disparition du code PIN ?

La cinématique générale du retrait ne devrait pas évoluer significativement dans les mois à venir. Celle-ci est déjà optimisée puisque finalement, on constate qu’un simple retrait génère, en un temps très limité, des interactions entre les banques du monde entier et les réseaux internationaux et ce, indépendamment du lieu où nous l’effectuons, que ce soit à Paris, en France ou à l’autre bout de la planète. Et cela fonctionne en moins d’une minute !

Cependant, une refonte de l’authentification est déjà en cours avec l’arrivée massive de la biométrie (empreintes digitales, reconnaissance de l’iris, du visage ou du réseau veineux des doigts). Des expérimentations et déploiements massifs ont déjà été menés, entre autres, au Japon, en Turquie, au Brésil et en Inde. Bientôt en France, avant une généralisation ? Via nos smartphones ?

Sources :

0 commentaires à propos de “Le retrait bancaire

    • Bonjour, je ne suis pas sûr de comprendre votre question. Pouvez-vous la préciser ? A quelle application carte bancaire faites-vous allusion ?
      Jérémy

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