Apple Pay est-il réellement une révolution ?

Le 9 septembre dernier, Apple annonçait la création d’Apple Pay, une nouvelle solution permettant via son smartphone (un iPhone 6 nécessairement ou alors un iPhone 5 en passant par l’Apple Watch) d’effectuer un paiement sans-contact (technologie NFC), aux États-Unis, sécurisé par une identification du porteur via son empreinte digitale (doigt posé sur le Touch ID), sans limite de montant.

Logo Apple Pay

Une révolution ?

Bien qu’Apple et de nombreux médias parlent une nouvelle fois de révolution, en réalité ce type de paiement existe depuis plus d’une dizaine d’années dans le monde. Le pays à l’origine de l’innovation est comme souvent le Japon (http://www.japantimes.co.jp/news/2014/09/14/business/tech/apple-decade-behind-japans-mobile-payment-curve/) où il rencontre l’adhésion d’un très large public depuis son lancement en 2004. Ailleurs, il tarde à se démocratiser réellement, bien qu’il faille noter la présence de Google sur ce marché d’avenir.

Des innovations !

La nouveauté se situe ailleurs. Au travers de partenariats, Apple s’est en effet assuré du « soutien » des réseaux bancaires Visa, Mastercard et American Express et de grandes sociétés de distribution telles que Nike, McDonalds, Macy’s, Whole Foods, Foot Locker, bientôt Sephora, Starbucks et même Airbnb (liste complète ici : https://www.apple.com/apple-pay/). Couplé à sa base client très fournie (à peu de chose près, tous les utilisateurs d’iPhone, d’iPad et finalement d’iTunes, c’est-à-dire environ 800 millions de comptes) et de leurs coordonnées bancaires, la recette appliquée s’annonce simple et efficace. Le tout saupoudré de communication « made in Apple » et le tour est joué !

En bonus, Apple innove en sécurisant toutes les transactions au travers du Touch ID, introduit sur la version précédente de l’iPhone (5s). En lieu et place d’un code personnel (fastidieux à retenir ?), Apple a choisi la simplicité et utilise systématiquement le lecteur d’empreinte digitale (Touch ID) pour authentifier le client (autrefois appelé « porteur de la carte ») rassurant ainsi les futurs consommateurs (transaction plus rapide, protection en cas de vol, etc.). Maxime à retenir : « pas de doigt, pas de paiement » !

Lancement d’Apple Pay le 20 octobre, 3 jours plus tard, déjà 1 million de cartes activées selon Tim Cook (Wall Street Journal Digital Conference, le 27 octobre : http://online.wsj.com/articles/apple-ceo-tim-cook-happy-with-new-apple-pay-service-1414474181), qui proclame Apple n°1 du secteur.

Et côté concurrents ?

Profitant de cet effet pub, ça se bouscule côté concurrents. Bien installé sur le marché US depuis 2011, Google Wallet a vu le nombre de ses nouvelles inscriptions doubler depuis ce lancement (http://arstechnica.com/business/2014/11/google-wallet-grows-after-apple-pay-launch/). Le 4 novembre dernier, Worldline (filiale d’Atos) et Visa Europe France annoncent un partenariat dans le but de proposer, dès le premier trimestre 2015, une solution de paiement mobile basée sur la technologie HCE-NFC (émulation de carte via une application mobile), sans authentification jusqu’à 20 euros et avec saisie d’un code personnel au-delà (http://fr.worldline.com/fr-fr/home/media-center/communiques-de-presse/2014/pr-2014-11-04-01.html).

Le changement semble enclenché pour de bon. En France, portées par des consortiums entre des Banques, des Opérateurs Télécom et l’Association française du Sans Contact Mobile (AFSCM), des expérimentations (Payez-mobile, Cityzi, etc.) sont en cours depuis 2007 à Caen et à Strasbourg et plus récemment à Nice, Lille ou Rennes. Généralisation probable en 2015, nos smartphones sont déjà équipés d’une puce NFC et les terminaux de paiement (TPE) des commerçants compatibles avec la technologie sans-contact. Premier bilan en fin d’année ?

La mise en place de ce type de paiement engendre des risques nouveaux liés à la sécurité des transactions. Nous en parlerons dans un prochain article qui approfondira de manière globale la sécurisation des paiements sans contact.

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