Le redressement

Lors d’un paiement ou d’un retrait, il arrive parfois que la transaction en cours ne puisse être finalisée. C’est le cas, par exemple, lorsque l’automate bancaire rencontre une défaillance lors de la préparation de la liasse de billets, et si la transaction a fait l’objet d’une demande d’autorisation, le système d’acceptation va émettre, à destination de la banque du porteur, un message d’annulation de la transaction, il s’agit du fameux redressement.

Que se passe-t-il lorsque la transaction n’a pas abouti ? Est-ce que le compte du porteur va être débité ? Quels sont les impacts ?

Définition

Le redressement est un message échangé (demande/réponse) entre les banques acquéreur et émetteur lorsqu’une transaction online n’a pas été finalisée alors qu’elle a fait l’objet d’une demande d’autorisation. La raison de non-finalisation, appelée « motif de redressement », est systématiquement précisée dans les échanges. Il peut s’agir d’une annulation de la transaction par le porteur ou le commerçant (via son TPE), lorsque le montant n’était pas connu au moment de l’autorisation (ou pré-autorisation) ou pour des motifs dits « techniques ». Le redressement intervient donc généralement dans la foulée de la demande d’autorisation.

Les différents messages relatifs au redressement sont identifiables sur les réseaux nationaux et internationaux par les MTI (Message Type Indicator) suivants :

  • 0400 : demande de redressement ;
  • 0401 : répétition de la demande de redressement ;
  • 0410 : réponse à la demande de redressement.

A noter que deux autres types de message sont possibles. Il s’agit de messages privatifs (non échangés sur les réseaux) spécifiés par la norme ISO 8583 et fréquemment implémentés côté banque acquéreur. Ils servent à informer les différentes briques applicatives qu’un redressement a eu lieu sur une autorisation donnée et sont identifiables par les MTI suivants :

  • 0420/0421 : avis de demande de redressement ;
  • 0430 : confirmation de la réception de l’avis de redressement.

Constitution du message

La demande de redressement (message 0400) est constituée à partir des éléments présents dans la demande d’autorisation, dont les principaux sont :

  • la date et heure de la transaction initiale ;
  • le montant de la transaction initiale ;
  • le montant de la transaction réelle (appelé aussi « montant de remplacement », il permet d’effectuer un redressement partiel, cf. cas d’un paiement sur un Distributeur Automatique de Carburant ici) ;
  • le motif du redressement (défaillance, accepteur incapable de finaliser la transaction, annulation par le client, réponse à la demande d’autorisation non-reçue dans le délai imparti (timeout), réponse non valide, annulation de la pré-autorisation, etc.).

Dans le cas où le système d’acceptation a reçu la réponse à la demande d’autorisation, il complète le message avec le numéro de l’autorisation accordée. Cela permet de faire le lien entre les messages de redressement et d’autorisation et facilite le rapprochement pour la banque émetteur.

Fonctionnement

La banque acquéreur informe la banque émetteur de l’annulation de la transaction (en totalité ou partiellement si le montant de remplacement est renseigné). Ce message est primordial pour la banque émetteur pour qu’elle puisse en tenir compte en tentant de rapprocher le redressement avec l’autorisation initiale (via le numéro d’autorisation et/ou d’autres paramètres) puis mettre à jour, si nécessaire, les encours carte du porteur, c’est la raison d’être du redressement !

Schéma des échanges en cas de redressement

Comme nous vous l’expliquions (cf. billet sur l’autorisation), la banque du porteur s’appuie, pour répondre à une demande d’autorisation, sur de multiples éléments dont les encours calculés sur une période donnée. Il est donc fondamental que le calcul de ceux-ci ne soient pas faussés par des montants de transactions non-finalisées. Si c’est le cas, le risque est que la banque refuse à tort une transaction pour motif « dépassement de plafond ».

A noter qu’en raison de la non-finalisation de la transaction, l’acquéreur n’enverra pas la transaction initiale en compensation, le montant ne sera donc pas débité du compte du porteur. Néanmoins, si c’est le cas, la banque émetteur ou le porteur (via une réclamation auprès de sa banque) émettra un impayé en certifiant que la transaction a été annulée (la demande de redressement faisant foi).

Illustration

Prenons le cas d’un porteur qui possède un plafond de retrait de 500 € sur 7 jours glissants. Celui-ci effectue plusieurs retraits entre le 1er et le 7 novembre dont l’un d’entre-eux, le 6 novembre, n’a pas abouti (sa banque a autorisé le retrait mais le porteur n’a pas reçu les billets, l’automate ayant rencontré un problème technique). Le graphique ci-dessous résume les faits, les différents retraits et l’évolution de l’encours au cours de cette semaine.

Illustration de l'utilité du redressement

Ce graphique démontre à quel point le redressement est important ! Sans lui, le dernier retrait (celui du 7 novembre) aurait été refusé à tort par la banque du porteur…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*