Android Pay officiellement lancé par Google – un modèle économique à l’opposé de celui d’Apple Pay

Le 28 mai dernier, lors de la conférence I/O 2015, Google a dévoilé Android Pay. Il s’agit du nouveau service de paiement mobile made in Google venant concurrencer frontalement Apple Pay et le futur service Samsung Pay. Android Pay était dans les cartons depuis le dernier MWC à Barcelone où Google avait déjà communiqué sur ce sujet le 3 mars 2015.

Android Pay va ainsi permettre à ses utilisateurs d’effectuer des paiements sans contact avec leur téléphone mobile chez les commerçants équipés de TPE compatibles NFC. Google annonce d’ores et déjà une compatibilité avec plus de 700 000 commerçants aux États-Unis.

L’objectif pour Google est d’intégrer ce marché en forte croissance et de créer un service référence sur la plateforme Android là où Google Wallet a échoué. Google prend ainsi le parti de positionner ce service plutôt comme une plateforme offrant le paiement mobile aux applications mobile le souhaitant (sous forme d’API).

Android Pay

Android Pay sera lancé aux Etats-Unis en 2015 lors de la sortie de la prochaine version d’Android baptisée « M » (probablement à l’automne) et sera compatible avec tout smartphone fonctionnant a minima sur Android KitKat 4.4.

Un service similaire à Apple Pay et Samsung Pay

Dans les grandes lignes, le service Android Pay fonctionne comme la solution déjà en vigueur de Apple et celle à venir de Samsung (lancement décalé à septembre). Elle s’appuie sur les technologies NFC, HCE et sur la tokenisation. Cet ensemble est ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle en matière de facilité d’usage pour les porteurs et les commerçants et d’un point de vue sécurité (utilisation d’un jeton/token à la place du numéro de carte et possible authentification biométrique).

Suite au rachat de la société LoopPay, Samsung possède néanmoins une longueur d’avance sur le marché américain. Sa solution est en effet compatible avec les anciennes technologies de carte bancaire (carte à piste) prédominante dans les régions du monde non-EMV ou en cours de migration EMV.

Aucune commission sur les transactions !

Le 5 juin 2015, au cours d’une interview donnée par le président de Visa au Wall Street Journal et seulement quelques jours après la conférence Google I/O 2015, Ryan McInerney annonce qu’un accord a été passé entre Google et Visa pour une utilisation sans frais du service Android Pay. À noter que Google et MasterCard n’ont pas communiqué pour le moment mais tout porte à croire qu’un accord équivalent a ou va être passé.

« There is one agreement with Visa and the banks can have confidence that there are no pass-through fees. »

Ryan McInerney, président de Visa.

Cette annonce agit comme un coup de tonnerre dans le microcosme des paiements mobiles et va nécessairement pousser Apple à réagir. Pourquoi ? Parce que depuis son lancement, il y a grosso modo 1 an, le service Apple Pay est sans concurrent. En position de force, Apple avait ainsi négocié avec les banques des conditions d’utilisation avantageuses de son service se constituant ainsi une poule aux œufs d’or. Pour chaque transaction réalisée au travers d’Apple Pay, une commission est versée à Apple. Le calcul de cette dernière varie suivant le montant et le type de carte utilisée :

  • 0,15 % du montant de la transaction réalisée avec une carte de crédit ;
  • 0,005 $ pour une transaction réalisée avec une carte de débit.

Nul doute que les acteurs bancaires et les réseaux internationaux vont en profiter pour renégocier ces commissions avec Apple.

De son côté, Google planche sur la mise en place de programmes de fidélité et la mise à disposition au client de coupons de réductions et de récompenses, fonctionnalités directement intégrées à Android Pay et en partenariat avec les banques et les commerçants. Avec à la clé d’importants revenus pour Google ?

Sources :

2 commentaires à propos de “Android Pay officiellement lancé par Google – un modèle économique à l’opposé de celui d’Apple Pay”

  1. Ok : ils utilisent le HCE. Dommage, ils auraient pu en profiter pour s’appuyer sur les SE embeded des manufacturers ou sur du tee lorsque ceux ci étaient disponibles.

    Pour le porteur d’un Samsung s6, par exemple, ça va devenir compliqué de savoir si il enrôle sa carte dans Android Pay, Samsung Pay, ou dans le wallet proposé par sa banque.

    • Bonjour,

      Complètement d’accord avec vous. Dans un premier temps, la multiplication des offres va complexifier le choix du porteur mais cette concurrence permettra sans doute d’améliorer les services offerts avant que ce marché n’arrive à maturité.

      Par ailleurs, Samsung communique dès à présent pour déminer ce sujet en affirmant que Samsung Pay peut coexister avec Android Pay (http://recode.net/2015/06/02/samsung-executive-insists-its-android-payment-system-can-coexist-with-googles/). Leur argument majeur est de dire que Android Pay ne fonctionne que si la technologie NFC est présente, ce qui est loin d’être le cas partout. Tout le contraire avec Samsung Pay qui est compatible avec les cartes à piste grâce à la technologie MST (anciennement LoopPay) et offre une très large couverture.

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