Disruption ou transition : les banques se préparent de gré ou de force

Le timing de l’actualité est parfois cruel. Mi-septembre, un an après Apple, Google et Samsung lançaient quasi-simultanément leurs offres de paiement mobile. Une semaine plus tard, fin septembre, la Société Générale annonçait une diminution de l’ordre de 20% du nombre de ses agences. On pourrait même y ajouter PayPal qui non-content de truster une part du marché e-commerce de plus en plus importante, développe une offre crédible dans le paiement de proximité, à l’instar de Square. Pourquoi est-il important de mettre ces annonces en perspective ? Parce qu’elles annoncent une mutation profonde du modèle bancaire tel que nous le connaissons !

Le marché actuel est en plein bouleversement. Les banques en ligne se développent à vitesse grand V et attirent de plus en plus de clients qui ne se déplacent que rarement au sein de leur agence. Les applications bancaires pour smartphone deviennent le point d’entrée d’une relation client-banque digitalisée et bien des sociétés en profitent pour proposer, innover, réduire les coûts, offrir encore et toujours de nouveaux services. Le terme à la mode pour évoquer ces acteurs de niche : les fintechs. Sans oublier les mastodontes américains GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon), en passant par d’autres géants internationaux (Samsung, PayPal, etc.) et des opérateurs téléphoniques (Orange). Chacun veut sa part du prochain gâteau.

Dans ce contexte et de par la révolution technologique en cours (téléphone/smartphone et surtout internet offrant la possibilité de communiquer avec son conseiller et de gérer son compte à distance), la raison d’être des agences bancaires actuelles n’est pas remise en cause mais leurs rôles doivent être redéfinis. La montée en puissance des services en ligne et la moindre fréquentation des agences ont fait prendre conscience aux banques du sur-dimensionnement (actuel ou à venir) de leurs réseaux. Elles s’attachent ainsi à réorganiser et rationaliser ces différents services. La Société Générale réfléchit par exemple à ne plus attribuer un conseiller unique à chaque client (source : LesEchos.fr). Ce qui passe malheureusement par des réductions d’effectifs au sein des banques, compensées (ou pas) par des créations dans les autres sociétés souhaitant intégrer ce marché (fintechs, telco, etc.).

Sur ce même sujet, je vous invite à lire l’avis de Patrick Arnoux, rédacteur en chef du Nouvel Économiste, qui, au travers d’un article instructif, apporte un éclairage sur les risques auxquels sont et seront confrontés les banques et pose la question de la fin de ces institutions telles que nous les connaissons aujourd’hui.

Je vous renvoie également vers l’un de nos articles sur l’innovation. Là est peut-être l’une des solutions pour réussir sa transformation : innover pour rester compétitif. Les banques en ont les moyens. A elles de prendre le train en marche ou de rester sur le quai… Ces dernières semaines, elles multiplient les annonces : carte bancaire avec cryptogramme dynamique pour BPCE, Société Générale et BNP Paribas, paiement mobile biométrique pour Arkéa, Paylib pour la plupart des banques françaises, etc. Et, parfois, au lieu de réinventer la roue, elles commencent, tout simplement, par racheter des startups fintech ! En atteste la news récente (22/09/2015) émanant du Crédit Mutuel Arkéa qui vient de faire l’acquisition de Leetchi, startup bien connue en France. Un mois plus tard (21/10/2015), le groupe BPCE, via sa filiale S-money, a racheté la startup LePotCommun.fr.

De plus en plus fréquemment, elles organisent réunions et séminaires internes autour de la digitalisation et des nouvelles méthodologies de gestion de projet (Agile). Elles y invitent des acteurs externes au monde bancaire (responsables de startup par exemple) qui évoquent leurs contraintes et la façon dont ils traitent leurs problématiques projet. L’objectif est d’ouvrir lignes hiérarchiques et collaborateurs à de nouveaux horizons, de former, d’inculquer des méthodes de travail innovantes et de réduire le time-to-market. Suivant cette même idée, BNP Paribas a par exemple organisé en juin dernier son premier International Hackathon.

Tout ceci laisse à penser que les banques ont compris qu’elles devaient nécessairement préparer leur propre changement de gré ou de force, réadapter leur stratégie, leurs process et repenser la relation client sous peine de voir leur part de marché se réduire rapidement. Sans évoquer la possible révolution bitcoin qui pourrait tout emporter sur son passage…

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